Cathedrale Saint-Michel-au-Dome-Dore de Kiev avec drapeaux ukrainiens

L'autocephalie de l'Eglise orthodoxe d'Ukraine : causes, processus et consequences

28 mars 2026 · 20 min de lecture

Le 6 janvier 2019, le patriarche oecumenique Bartholomee Ier remet au metropolite Epiphane le Tomos d'autocephalie de l'Eglise orthodoxe d'Ukraine, creant la 15e Eglise orthodoxe autocephale du monde. Cet acte, aboutissement d'un processus amorce en 1991, a declenche la plus grande crise du monde orthodoxe depuis des siecles. Cet article analyse avec neutralite les causes, le deroulement et les consequences de cette autocephalie.

Sommaire

La question de l'autocephalie en Ukraine ne peut se comprendre sans saisir le fonctionnement propre de l'Eglise orthodoxe. Contrairement a l'Eglise catholique, qui possede une structure hierarchique centralisee autour du pape, l'orthodoxie fonctionne comme une communion d'Eglises autocephales — des Eglises independantes les unes des autres, unies par une meme foi, les memes sacrements et une reconnaissance mutuelle. La question de savoir quelle Eglise est autocephale, qui a le droit d'accorder l'autocephalie et quelles en sont les conditions constitue un debat ecclesiologique vieux de plusieurs siecles, ravive avec une acuite particuliere par la question ukrainienne.

Qu'est-ce que l'autocephalie et pourquoi est-elle importante

Le terme autocephalie vient du grec autos (soi-meme) et kephale (tete). Une Eglise autocephale est une Eglise qui "a sa propre tete", c'est-a-dire qui se gouverne de maniere pleinement independante. Concretement, une Eglise autocephale :

  • Elit son propre primat (patriarche, archeveque ou metropolite) sans approbation externe
  • Gere ses propres affaires internes (dioceses, seminaires, monasteres, finances)
  • Prepare son propre Saint-Chreme (huile sainte consacree pour les sacrements)
  • Exerce une juridiction souveraine sur son territoire canonique
  • N'a de comptes a rendre a aucune autre Eglise

En 2026, les Eglises autocephales reconnues sont au nombre de quinze (avec des variations selon les sources) : Constantinople, Alexandrie, Antioche, Jerusalem, Russie, Serbie, Roumanie, Bulgarie, Georgie, Chypre, Grece, Pologne, Albanie, Republique tcheque et Slovaquie, et Ukraine (EOU). L'Eglise orthodoxe en Amerique (OCA) est reconnue comme autocephale par Moscou mais pas par Constantinople.

L'autocephalie n'est pas un simple statut administratif : elle porte une dimension identitaire forte. Historiquement, la formation d'Eglises autocephales a accompagne la naissance des Etats-nations dans les Balkans au XIXe siecle (Grece 1833, Roumanie 1885, Serbie 1879, Bulgarie 1872). Pour l'Ukraine, obtenir l'autocephalie signifie que son Eglise est l'egale de toutes les autres, qu'elle n'est plus subordonnee a Moscou, et que son identite nationale trouve une expression religieuse autonome.

L'histoire de la demande d'autocephalie ukrainienne (depuis 1991)

La demande d'autocephalie ukrainienne est aussi ancienne que l'independance du pays. Elle s'inscrit dans une longue histoire de tiraillements entre Kiev et Moscou pour le controle de l'Eglise en Ukraine.

1991-1992 : l'independance et le schisme de Filaret

Des la proclamation d'independance de l'Ukraine le 24 aout 1991, la question de l'independance ecclesiastique se pose. Le metropolite Filaret (Denysenko, ne en 1929), a l'epoque metropolite de Kiev et candidat malheureux au poste de patriarche de Moscou en 1990, demande au patriarcat de Moscou d'accorder l'autocephalie a l'Eglise d'Ukraine. Le refus de Moscou conduit Filaret a une rupture : en juin 1992, il proclame la creation du Patriarcat de Kiev (UOC-KP) et se fait elire patriarche.

Le patriarcat de Moscou reagit en defroquant Filaret en 1992 et en l'excommuniant en 1997, le declarant schismatique. Aucune Eglise orthodoxe canonique ne reconnait le Patriarcat de Kiev. Parallelement, l'Eglise orthodoxe autocephale ukrainienne (EOAU) est reconstituee en 1990, mais elle aussi reste sans reconnaissance canonique internationale.

1992-2018 : vingt-six ans de statu quo

Pendant plus d'un quart de siecle, trois structures orthodoxes coexistent en Ukraine dans une situation canoniquement intenable :

  • L'EOU-PM (metropolite Onuphre depuis 2014), seule Eglise canoniquement reconnue, rattachee a Moscou avec une large autonomie, environ 12 200 paroisses
  • Le Patriarcat de Kiev (Filaret), non reconnu, environ 5 000 paroisses, soutenu par une partie de la population et de la classe politique
  • L'EOAU (metropolite Macaire), non reconnue, environ 1 000 paroisses, principalement dans l'ouest de l'Ukraine

Plusieurs presidents ukrainiens tentent de resoudre cette situation. Leonid Koutchma (1994-2005) et Viktor Iouchtchenko (2005-2010) sollicitent Constantinople sans succes. Le Maidan de 2013-2014 et l'annexion de la Crimee par la Russie radicalisent la demande : pour une partie croissante de la societe ukrainienne, l'independance de l'Eglise vis-a-vis de Moscou devient une question de souverainete nationale.

Interieur de la cathedrale Sainte-Sophie de Kiev lors du Concile d'unification de decembre 2018 avec clerge et delegues
Le Concile d'unification du 15 decembre 2018 dans la cathedrale Sainte-Sophie de Kiev : un moment historique pour l'orthodoxie ukrainienne.

Le Concile d'unification de decembre 2018

Le 15 decembre 2018, un Concile d'unification (Ob'yednuvalnyi Sobor) se reunit dans la cathedrale Sainte-Sophie de Kiev — lieu hautement symbolique, coeur historique de l'orthodoxie ukrainienne depuis le XIe siecle. Le Concile est preside par les representants du patriarcat oecumenique, les metropolites Emmanuel de France (Adamakis) et Hilarion de Prosphorion.

Les participants

Le Concile reunit des hierarches et des delegues de trois structures :

  • Le Patriarcat de Kiev (UOC-KP) : Filaret et la majorite de ses eveques
  • L'EOAU : le metropolite Macaire et ses eveques
  • Deux eveques de l'EOU-PM qui ont choisi de rejoindre le processus : le metropolite Simeon de Vinnitsa et le metropolite Alexandre de Pereiaslav

La grande majorite des eveques de l'EOU-PM (metropolite Onuphre) ne participe pas au Concile, considerant le processus comme anti-canonique.

L'election du metropolite Epiphane

Le Concile elit le metropolite Epiphane (Dumenko, ne le 3 fevrier 1979 dans la region de Tchernivtsi) comme primat de la nouvelle Eglise orthodoxe d'Ukraine. A 39 ans, il est le plus jeune primat d'une Eglise autocephale. Ancien recteur de l'Academie theologiqlue de Kiev (patriarcat de Kiev) et bras droit de Filaret, Epiphane est percu comme un candidat de compromis, plus modere que Filaret et acceptable pour Constantinople.

Le patriarche Filaret, qui esperait conserver un role central dans la nouvelle structure, se retrouve marginalise. Des tensions entre Filaret et Epiphane emergent des les premiers mois : Filaret conteste le fonctionnement de l'EOU et tente de maintenir une existence parallele du Patriarcat de Kiev. En juin 2019, un "concile" convoque par Filaret pretend restaurer le Patriarcat de Kiev, mais ce geste est ignore par Constantinople et par la majorite du clerge de l'EOU.

Le Tomos du 6 janvier 2019 : contenu et signification

Le 6 janvier 2019, jour de la Theophanie (Epiphanie) selon le calendrier julien, le patriarche oecumenique Bartholomee Ier remet solennellement au metropolite Epiphane le Tomos d'autocephalie lors d'une Divine Liturgie au Phanar (siege du patriarcat oecumenique a Istanbul).

Le contenu du Tomos

Le Tomos, document calligraphie sur parchemin et signe par les membres du Saint-Synode de Constantinople, accorde a l'EOU le statut d'Eglise autocephale avec les droits et conditions suivants :

  • Le primat porte le titre de "Metropolite de Kiev et de toute l'Ukraine" (et non "Patriarche")
  • L'EOU a le droit de se gouverner elle-meme, d'elire son primat et de gerer ses affaires internes
  • L'EOU recoit le Saint-Chreme du patriarcat oecumenique (limitation de l'autocephalie selon les critiques)
  • L'EOU ne peut pas creer de dioceses en dehors du territoire de l'Ukraine sans l'accord de Constantinople
  • Le patriarcat oecumenique conserve le droit d'appel en dernier recours (ekklitos) pour les litiges ecclesiaux
  • L'EOU participe a la synergie panorthodoxe et aux processus conciliaires

Les critiques du Tomos

Le Tomos fait l'objet de critiques de plusieurs cotes. Le patriarcat de Moscou rejette la totalite du document, le considerant comme nul et non avenu car emis par une autorite incompetente (Constantinople n'ayant pas, selon Moscou, le droit d'agir sur le territoire canonique russe). Certains theologiens orthodoxes proches de l'EOU critiquent les limitations contenues dans le Tomos (obligation de recevoir le Saint-Chreme de Constantinople, impossibilite de creer des dioceses a l'etranger), les jugeant incompatibles avec une veritable autocephalie et revelant une volonte de Constantinople de maintenir un controle sur l'EOU.

Document du Tomos d'autocephalie de l'Eglise orthodoxe d'Ukraine avec sceaux et signatures
Le Tomos d'autocephalie, document calligraphie sur parchemin, definit les droits et les conditions de l'independance de l'Eglise orthodoxe d'Ukraine.

Les reactions du monde orthodoxe : qui a reconnu, qui a refuse

L'octroi du Tomos a provoque des reactions divergentes dans le monde orthodoxe, revelant des fractures profondes qui vont au-dela de la question ukrainienne et touchent a la structure meme de l'orthodoxie.

Eglise autocephale Position Date Details
ConstantinopleReconnaissanceJanvier 2019A emis le Tomos. Commemore le metropolite Epiphane
AlexandrieReconnaissanceNovembre 2019Le patriarche Theodore II commemore Epiphane. Moscou rompt la communion avec Alexandrie
GreceReconnaissanceOctobre 2019L'archeveque Jerome II reconnait l'autocephalie. Decision du Saint-Synode confirmee
ChypreReconnaissanceOctobre 2020L'archeveque Chrysostome II commemore Epiphane. Position confirmee sous l'archeveque Georges
RoumanieReconnaissance partielle2024Le Saint-Synode reconnait le droit des Roumains d'Ukraine a relever de l'EOU
RussieRefusOctobre 2018Rupture de communion avec Constantinople. Considere le Tomos comme nul
SerbieNon-reconnaissanceMaintient la communion avec Constantinople mais ne reconnait pas l'EOU
BulgarieNon-reconnaissancePosition prudente, pas de reconnaissance formelle
GeorgieNon-reconnaissanceLe patriarche Elie II maintient une position neutre
AntiocheNon-reconnaissanceLe patriarche Jean X ne reconnait pas l'EOU
JerusalemNon-reconnaissanceLe patriarche Theophile III a propose une mediation
PologneNon-reconnaissanceLe metropolite Sawa ne reconnait pas l'EOU
AlbaniePosition nuanceeL'archeveque Anastase a critique le processus tout en maintenant la communion avec tous
Rep. tcheque et SlovaquieNon-reconnaissancePosition prudente

Le monde orthodoxe se trouve ainsi divise en trois blocs : les Eglises qui reconnaissent l'EOU (Constantinople, Alexandrie, Grece, Chypre, Roumanie partiellement), le patriarcat de Moscou (qui a rompu la communion avec Constantinople et les Eglises qui reconnaissent l'EOU), et un groupe central d'Eglises qui ne reconnaissent pas l'EOU mais maintiennent la communion avec toutes les parties, preferant une position d'attente et appelant a un dialogue panorthodoxe.

Les consequences canoniques et politiques

Consequences canoniques

La crise ukrainienne a mis en lumiere des questions ecclesiologiques fondamentales restees non resolues dans l'orthodoxie :

La primaute du patriarche oecumenique — Constantinople affirme detenir des prerogatives specifiques (droit d'appel, droit d'accorder l'autocephalie, juridiction sur la diaspora) qui vont au-dela d'une simple primaute d'honneur. Moscou et d'autres Eglises contestent cette interpretation, y voyant une forme de "papisme oriental". Ce desaccord est le plus profond de l'ecclesiologie orthodoxe contemporaine.

Le concept de territoire canonique — La question de savoir si un territoire canonique peut etre transfere, repris ou divise, et par qui, n'a pas de reponse unanime dans le droit canonique orthodoxe. La crise ukrainienne montre que les concepts de "territoire canonique" et de "juridiction" ne sont pas definis de maniere assez precise pour eviter les conflits.

L'intercommunion et la conciliarite — La rupture de communion entre Moscou et Constantinople, et entre Moscou et les Eglises qui reconnaissent l'EOU, affaiblit le principe meme de communion orthodoxe. Si les Eglises ne sont plus en pleine communion les unes avec les autres, peut-on encore parler d'une Eglise orthodoxe unie ?

Consequences politiques

La dimension politique de l'autocephalie ukrainienne est indeniable. Pour les autorites ukrainiennes, l'independance ecclesiastique est une composante de la souverainete nationale, au meme titre que l'armee et la monnaie. Pour Moscou, la perte de l'Ukraine orthodoxe est un coup porte au prestige et a l'influence du "monde russe" (Rousski Mir), concept qui lie l'identite russe a l'orthodoxie sous la juridiction de Moscou.

Les critiques, y compris au sein de l'orthodoxie, denoncent une instrumentalisation politique de la religion par les deux parties : Porochenko a fait de l'autocephalie un argument de campagne electorale en 2019 ; le Kremlin utilise le patriarcat de Moscou comme un instrument de soft power. Le schisme russo-ukrainien est ainsi a la croisee du religieux et du geopolitique.

L'EOU aujourd'hui : metropolite Epiphane, nombre de paroisses, defis

En 2026, l'Eglise orthodoxe d'Ukraine (EOU) est une realite institutionnelle solide, meme si des defis majeurs subsistent.

Structure et chiffres

L'EOU compte environ 8 500 paroisses (contre environ 7 000 au moment du Tomos), reparties dans l'ensemble du territoire ukrainien controle par Kiev. Elle possede une Academie de theologie a Kiev, plusieurs seminaires diocesains, et un nombre croissant de monasteres. Le metropolite Epiphane, a 47 ans en 2026, est le primat le plus jeune du monde orthodoxe. Il a acquis une stature internationale, recevant le soutien du patriarche Bartholomee et etant recu par des chefs d'Etat et des leaders religieux du monde entier.

Les defis

La formation du clerge reste un defi majeur. De nombreux pretres ayant rejoint l'EOU depuis l'EOU-PM ont ete formes dans les seminaires du patriarcat de Moscou, et l'EOU doit developper ses propres institutions de formation. La qualite liturgique est variable selon les paroisses, certaines communautes etant encore en phase de transition.

La cohabitation avec l'EOU-PM sur le meme territoire demeure source de tensions locales. Dans de nombreuses villes et villages, deux paroisses orthodoxes coexistent, chacune se considerant comme la veritable Eglise. La question de la propriete des edifices de culte reste litigieuse dans des centaines de cas.

La reconnaissance internationale, bien qu'en progres, reste incomplète. Tant que la majorite des Eglises autocephales n'aura pas reconnu l'EOU, celle-ci restera dans une position canoniquement contestee. L'EOU developpe ses liens avec la diaspora ukrainienne et les milieux oecumeniques, mais la route vers la pleine reconnaissance est encore longue.

Liturgie de l'Eglise orthodoxe d'Ukraine avec le metropolite Epiphane en vetements dores dans une cathedrale
L'Eglise orthodoxe d'Ukraine, dirigee par le metropolite Epiphane, est une realite institutionnelle en pleine consolidation malgre les defis canoniques et geopolitiques.

Questions frequentes

Qu'est-ce que l'autocephalie dans l'Eglise orthodoxe ?

L'autocephalie (du grec autos = soi-meme et kephale = tete) est le statut d'une Eglise orthodoxe qui se gouverne elle-meme de maniere pleinement independante. Une Eglise autocephale elit son propre primat (patriarche, archeveque ou metropolite), gere ses propres affaires internes (dioceses, seminaires, monasteres), prepare son propre saint chreme et n'a de comptes a rendre a aucune autre autorite ecclesiastique. En 2026, il existe 15 Eglises orthodoxes autocephales reconnues (avec des variations selon les sources). L'autocephalie se distingue de l'autonomie, qui implique un degre d'independance moindre avec un lien maintenu avec l'Eglise-mere.

Qui a le droit d'accorder l'autocephalie dans l'Eglise orthodoxe ?

Cette question est l'un des points de contentieux les plus profonds du monde orthodoxe. Deux positions s'affrontent : Constantinople affirme que le droit d'accorder l'autocephalie est une prerogative exclusive du patriarche oecumenique, en vertu de sa primaute d'honneur et de ses prerogatives canoniques (canons 9, 17 et 28 du Concile de Chalcedoine). Moscou et d'autres Eglises soutiennent que l'autocephalie ne peut etre accordee que par l'Eglise-mere (celle dont le territoire se separe) ou par un consensus panorthodoxe. Le Saint et Grand Concile de Crete (2016) n'a pas reussi a trancher cette question, qui etait a l'ordre du jour mais a ete retiree faute d'accord.

Le metropolite Epiphane est-il reconnu par toutes les Eglises orthodoxes ?

Non. En 2026, le metropolite Epiphane est reconnu comme primat de l'Eglise orthodoxe d'Ukraine par le patriarcat oecumenique de Constantinople, le patriarcat d'Alexandrie, l'Eglise de Grece, l'Eglise de Chypre et partiellement par l'Eglise de Roumanie. Les autres Eglises autocephales (Russie, Serbie, Bulgarie, Georgie, Antioche, Jerusalem, Pologne, Albanie, Republique tcheque et Slovaquie) ne l'ont pas reconnu, bien que la plupart evitent de prendre une position publique hostile et maintiennent la communion avec Constantinople (a l'exception de Moscou).

Quelle est la difference entre l'EOU et l'EOU-PM ?

L'EOU (Eglise orthodoxe d'Ukraine, aussi appelee OCU en anglais ou PTsU en ukrainien) est l'Eglise autocephale creee en decembre 2018, dirigee par le metropolite Epiphane, reconnue par Constantinople. L'EOU-PM (Eglise orthodoxe ukrainienne, anciennement dite du patriarcat de Moscou) est l'Eglise historiquement rattachee au patriarcat de Moscou, dirigee par le metropolite Onuphre. En mai 2022, l'EOU-PM a proclame son independance vis-a-vis de Moscou, mais ce changement de statut n'est reconnu ni par Moscou ni par Constantinople. Les deux structures coexistent en Ukraine avec des millions de fideles chacune.

Que contient exactement le Tomos d'autocephalie de 2019 ?

Le Tomos (mot grec signifiant document officiel) accorde a l'EOU le statut d'Eglise autocephale, la 15e du monde orthodoxe. Il stipule que l'EOU a le droit de : elire son primat (qui porte le titre de metropolite de Kiev et de toute l'Ukraine) ; se gouverner de maniere independante ; avoir sa propre synaxe (assemblee des eveques). Il prevoit cependant certaines conditions : l'EOU doit obtenir le Saint-Chreme du patriarcat oecumenique ; elle ne peut pas etablir de dioceses en dehors de l'Ukraine sans l'accord de Constantinople ; et le Tomos affirme le droit du patriarcat oecumenique a recevoir les appels en dernier recours. Ces conditions sont critiquees par certains comme limitant l'autocephalie reelle de l'EOU.