Icône byzantine du Christ enseignant le Notre Père aux apôtres, fond doré

La Prière du Seigneur (Notre Père) dans la tradition orthodoxe : texte, commentaires et usage liturgique

25 août 2026 · 14 min de lecture · Rédaction paroisse-saint-martin.fr

Le Notre Père, ou Prière du Seigneur, occupe une place centrale dans la vie de prière orthodoxe. Transmise par les Évangiles selon saint Matthieu et saint Luc, elle constitue le modèle de toute prière chrétienne, à la fois règle de vie et nourriture liturgique. Cet article présente le texte complet utilisé par l'Église orthodoxe en français et en grec, le commentaire des Pères sur ses sept pétitions, sa place dans la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome et son usage quotidien par le croyant.

Sommaire

Origines évangeliques du Notre Père

Le Notre Père trouve sa source dans deux passages évangéliques. Saint Matthieu le place au cœur du Sermon sur la montagne, dans un discours où Jésus rassemble ses disciples pour leur enseigner les beatitudes, l'importance du jeûne et de l'aumône, avant de leur donner le modèle de toute prière. Luc, dans son récit de la formation des disciples, rapporte que ceux-ci, ayant vu le Christ prier, Lui demandèrent : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l'a appris à ses disciples ». En réponse, le Seigneur leur confie cette prière qui deviendra le fonds commun de la piété chrétienne.

Cette demande des apôtres est significative : elle montre que la prière authentique n'est pas une technique humaine qu'on invente soi-même, mais un don reçu du Christ. En orthodoxie, le Notre Père est donc avant tout une prière de l'Église, non seulement de l'individu. C'est pourquoi Jésus commence par « Notre Père » et non par « Mon Père » : la première personne du pluriel exprime la communion ecclésiale, l'appartenance au peuple de Dieu. Lorsque le chrétien orthodoxe prie le Notre Père, il le fait avec tous les baptisés, les vivants et les défunts, dans une unité qui dépasse le temps et l'espace.

Cette dimension communautaire n'empêche pas une profonde intimité. Le grec emploie le mot Πάτερ, Pater, un terme familier que l'enfant utilise pour s'adresser à son père. L'orthodoxie insiste sur cette familiarity respectueuse : Dieu n'est pas un lointain souverain, mais le Père aimant qui accueille ses enfants. C'est toute la tradition de la prière du cœur, dont on peut lire les fondements dans notre article sur la prière de Jésus et l'hésychasme orthodoxe.

Texte orthodoxe en français et en grec

Dans l'Église orthodoxe, le Notre Père est chanté ou récité dans la langue du pays, mais le texte grec demeure la référence liturgique. Cette double présence, française et grecque, rappelle l'ancrage byzantin de la tradition et permet au fidèle de saisir la richesse sémantique de chaque mot. Le texte français habituellement employé est proche de la liturgie byzantine francophone, avec la formulation « ne nous soumets pas à la tentation ».

Notre Père qui es aux cieux,
Que Ton Nom soit sanctifié,
Que Ton règne vienne,
Que Ta volonté soit faite
Sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous soumets pas à la tentation,
Mais délivre-nous du mal.

Le texte grec, tel qu'il figure dans le Typikon byzantin, est le suivant :

Πάτερ ἡμῶν, ὁ ἐν τοῖς οὐρανοῖς,
ἁγιασθήτω τὸ ὄνομά σου·
ἐλθέτω ἡ βασιλεία σου·
γενηθήτω τὸ θέλημά σου,
ὡς ἐν οὐρανῷ καὶ ἐπὶ γῆς.
Τὸν ἄρτον ἡμῶν τὸν ἐπιούσιον δὸς ἡμῖν σήμερον.
Καὶ ἄφες ἡμῖν τὰ ὀφειλήματα ἡμῶν,
ὡς καὶ ἡμεῖς ἀφίεμεν τοῖς ὀφειλέταις ἡμῶν.
Καὶ μὴ εἰσενέγκῃς ἡμᾶς εἰς πειρασμόν,
ἀλλὰ ῥῦσαι ἡμᾶς ἀπὸ τοῦ πονηροῦ.

Sa translittération phonétique donne : « Pater imôn, o en tis ouranis, agiasthito to onoma sou ; eltheto i vasileia sou ; genithito to thelima sou, os en ourano ke epi gis. Ton arton imôn ton epiousion dos imin simeron. Ke afes imin ta ofelimata imôn, os ke imis afiemen tis ofiletes imôn. Ke mi isenenkis imas is peirasmon, ala rysi imas apo tou ponirou. »

On remarquera l'expression τὸν ἐπιούσιον, « le quotidien », « le survenant », qui a donné lieu à de multiples traductions : « pain de ce jour », « pain quotidien », « pain substantiel ». Les Pères de l'Église ont vu dans ce mot à la fois le pain matériel nécessaire à la vie et le pain eucharistique, c'est-à-dire le Corps du Christ. Cette ambivalence est voulue : dans la tradition orthodoxe, le nourrissage corporel et le nourrissage spirituel ne se séparent jamais totalement.

Page d'un manuscrit byzantin enluminé portant le Notre Père en grec, lettrines dorées
Manuscrit byzantin du Notre Père en grec : le texte original demeure la référence liturgique de l'Église orthodoxe.

Les sept demandes ou pétitions

Saint Matthieu transmet le Notre Père sous la forme de sept demandes, dont les trois premières regardent Dieu et les quatre dernières regardent nos besoins humains. Cette structure révèle l'ordre des priorités chrétiennes : avant de demander quoi que ce soit pour soi, on sanctifie le Nom de Dieu, on accueille Son règne et on s'abandonne à Sa volonté. C'est toute l'anthropologie orthodoxe qui se lit ici : l'homme trouve sa place en plaçant Dieu au centre.

  1. Que Ton Nom soit sanctifié : la première pétition demande que le Nom de Dieu soit tenu saint par les hommes, et qu'aucun comportement chrétien ne le déshonore. Elle invite le croyant à devenir lui-même un vivant sanctuaire du Nom divin.
  2. Que Ton règne vienne : ce règne n'est pas un pouvoir politique, mais la présence même du Christ dans les cœurs et dans le monde. La liturgie orthodoxe le proclame à chaque Eucharistie.
  3. Que Ta volonté soit faite : après avoir placé Dieu au centre, le chrétien renonce à sa propre volonté fragmentaire pour s'unir au dessein divin, « sur la terre comme au ciel ».
  4. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour : cette demande confie à Dieu le nécessaire quotidien. Elle exclut l'accumulation anxieuse et apprend à recevoir chaque jour comme un don.
  5. Pardonne-nous nos offenses : le pardon demandé à Dieu est lié à la capacité de pardonner soi-même. C'est pourquoi la prière ajoute aussitôt : « comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ».
  6. Et ne nous soumets pas à la tentation : il ne s'agit pas d'être préservé de toute épreuve, mais de ne pas être conduit au-delà de ses forces. Dieu ne tente personne au mal, mais Il permet des épreuves qui purifient.
  7. Mais délivre-nous du mal : la dernière pétition englobe à la fois le mal moral, le mal physique et la puissance du malin. C'est une supplication eschatologique, une demande de libération définitive.

Cette progression — du ciel vers la terre, de la gloire de Dieu vers la misère humaine, de l'abandon vers la délivrance — fait du Notre Père une somme de la foi. Chaque mot est un programme de vie. C'est pourquoi les Pères ont souvent commenté cette prière comme un « abrégé de l'Évangile » ou un « compendium de toute la théologie ».

Commentaires des Pères de l'Église

La tradition patristique orthodoxe n'a cessé de méditer le Notre Père. Des catéchèses de saint Cyrille de Jérusalem aux homélies de saint Jean Chrysostome, des ascèses monastiques de saint Théophane le Reclus aux écrits de saint Silouane de l'Athos, le Notre Père apparaît comme le lieu privilégié où la théologie se fait prière. Leurs commentaires ne sont pas des curiosités historiques : ils continuent de nourrir la prédication et la vie spirituelle de l'Église d'aujourd'hui.

  • Saint Jean Chrysostome insiste sur la brièveté et la densité du Notre Père. Il voit dans ses sept demandes un enseignement complet : on y apprend à honorer Dieu, à recevoir Son règne, à prier pour le nécessaire, à pardonner et à se préserver du mal. Pour lui, cette prière est à la fois école et nourriture.
  • Saint Grégoire de Nysse médite longuement la pétition « Que Ton règne vienne ». Il y lit l'attente du Royaume qui advient dans l'âme du croyant par la purification et la contemplation. Le Royaume n'est pas seulement un événement futur : il commence dès ici-bas.
  • Saint Théophane le Reclus, dans ses lettres spirituelles, conseille de réciter lentement le Notre Père en y mettant toute son attention. Chaque mot doit devenir une demeure où l'esprit s'arrête. Cette pratique rapproche le Notre Père de la prière de Jésus.
  • Saint Silouane l'Athonite rappelle que le Notre Père doit être prononcé avec conscience de ses péchés. La pétition « Pardonne-nous nos offenses » exige du croyant qu'il entreprende de pardonner d'abord. Sans cela, les paroles demeurent vides.

Ces voix patristiques convergent vers un même point : le Notre Père n'est pas une formule magique, mais une école de transformation. C'est en le priant jour après jour que le chrétien apprend à penser selon Dieu, à aimer selon Dieu, à espérer selon Dieu. Pour approfondir le vocabulaire de cette tradition, on pourra consulter notre lexique orthodoxe de cinquante termes essentiels.

Icône représentant saint Jean Chrysostome tenant le livre de la Divine Liturgie, auréole dorée
Saint Jean Chrysostome, dont la Liturgie place le Notre Père au moment culminant de l'Eucharistie.

Place dans la Divine Liturgie

Dans la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome, le Notre Père occupe une position remarquable : il est chanté par l'assemblée juste après l'Anaphore, c'est-à-dire après le moment où le pain et le vin ont été consacrés par l'invocation de l'Esprit-Saint. Le peuple, debout et rassemblé, reçoit alors le privilège de prier avec les mêmes paroles que le Christ a enseignées à ses apôtres, juste avant d'approcher du mystère de la communion.

Le déroulement est précis. Le prêtre, ayant achevé la prière eucharistique, invite les fidèles : « Avec crainte de Dieu, avec foi et avec amour, approchons ! » Le chœur chante alors le Notre Père, tandis que le prêtre incline la tête sur le saint calice. À la fin, il prononce à haute voix la doxologie : « Car à Toi appartiennent le règne, la puissance et la gloire, du Père, du Fils et du Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. » Suit la fraction du pain, le baiser de paix et la communion des fidèles sous les deux espèces.

Cette place n'est pas arbitraire. Le Notre Père prépare l'âme à recevoir le pain eucharistique. Lorsque le chrétien demande « Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour », il entend déjà le pain de vie qui lui sera offert quelques instants plus tard. La prière devient ainsi anticipation et accomplissement. Pour mieux comprendre ce moment central de la liturgie byzantine, on peut lire notre entretien sur la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome.

Usage quotidien et prière privée

Hors de la liturgie dominicale, le Notre Père rythme la journée du chrétien orthodoxe. Il figure au cœur de la règle de prière du matin et du soir, avant et après les repas, et dans de nombreux offices des heures. Cette omnipresence n'appauvrit pas la prière : au contraire, elle l'ancre dans les moments ordinaires de l'existence, transformant chaque repas et chaque réveil en occasion de se tourner vers Dieu.

La pratique varie selon les paroisses et les monastères, mais on retrouve constamment quelques usages :

  • Au réveil, le Notre Père est souvent la première prière du matin, parfois précédée du signe de croix et de l'invocation de la Sainte Trinité.
  • Avant les repas, il est récité avec la doxologie « Car à Toi appartiennent le règne... » pour bénir la nourriture et remercier le Père.
  • Dans la règle du soir, il accompagne l'examen de conscience et la demande de pardon avant le repos.
  • Avec les psaumes, il peut clore la lecture des kathismes, comme on le voit dans notre guide des psaumes et des kathismes.

Le Notre Père n'est pas non plus réservé aux moines. Le laïc, dans son foyer, dans son travail ou dans les transports, peut le murmurer à tout moment. Il ne remplace pas la prière de Jésus, mais il la complète. Les débutants en trouveront une présentation accessible dans notre guide des prières orthodoxes pour débutants. On trouvera une approche comparable du rythme quotidien de prière dans la tradition catholique, présentée par le site du patrimoine religieux de Savoie sur la prière catholique au quotidien.

Fidèle orthodoxe priant debout dans une nef d'église, mains jointes, icônes et cierges en arrière-plan
Le Notre Père accompagne le croyant orthodoxe dans la liturgie, la maison et la prière personnelle.

Notre Père et vie spirituelle

Au-delà de ses usages liturgiques et domestiques, le Notre Père est un chemin de vie spirituelle. Chaque pétition correspond à une vertu à cultiver, à un péché à fuir, à un mystère à accueillir. Prier le Notre Père, ce n'est donc pas seulement réciter un texte, c'est s'engager dans une éducation du cœur. C'est pourquoi les maîtres spirituels de l'Église orthodoxe conseillent de le dire lentement, avec attention, en laissant chaque mot pénétrer la conscience.

La première pétition, « Que Ton Nom soit sanctifié », oriente toute la vie vers la gloire de Dieu. Elle invite à examiner ses paroles, ses actes et même ses pensées pour qu'ils ne portent pas atteinte au Nom divin. La deuxième, « Que Ton règne vienne », apprend à désirer le Royaume plus que tout autre bien. La troisième, « Que Ta volonté soit faite », est l'école de l'abandon. Les quatre dernières demandes, pour leur part, posent les conditions d'une vie sereine : confiance dans la Providence, pardon des offenses, vigilance face à la tentation et espérance de la délivrance finale.

Cette vie spirituelle est toujours une coopération, une synergie entre la grâce de Dieu et la liberté de l'homme. L'orthodoxie refuse toute réduction de la prière à un effort moral ou à une passivité mystique. Le Notre Père met en jeu les deux : Dieu est le Père qui donne, et l'homme est l'enfant qui demande, qui reçoit et qui obéit. C'est dans ce mouvement d'amour que s'accomplit la vocation du chrétien, appelé à la théosis, à la participation à la vie divine. Pour ceux qui souhaitent approfondir les chemins de prière et de retraite dans une perspective catholique, le site ThéoCatho Strasbourg propose un guide sur la vie spirituelle, la prière et la lectio divina.

Comparaison de la septième pétition dans les principales traditions chrétiennes
TraditionFormulation usuelleOrientation interprétative
Église orthodoxe« Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal. »Préservation de l'épreuve qui dépasserait les forces ; libération du malin et du péché.
Église catholique romaine« Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. »Demande de ne pas être conduit au péché ; le « Mal » peut désigner le malin.
Traditions protestantes« Ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal. »Accent sur la fidélité de Dieu qui ne pousse pas au péché et sauve de l'épreuve.

Cette comparaison montre que, derrière les variations linguistiques, une même intuition théologique se fait jour : le croyant demande à être protégé du moment où l'épreuve deviendrait tentation dévoreuse, et il espère la délivrance ultime du mal. L'orthodoxe, en priant « délivre-nous du mal », confie au Père céleste son existence tout entière, dans l'attente du Royaume qui vient.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Pourquoi la version orthodoxe dit-elle « Et ne nous soumets pas à la tentation » plutôt que « Ne nous laisse pas entrer en tentation » ?

La traduction orthodoxe suit le texte grec original μὴ εἰσενέγκῃς ἡμᾶς εἰς πειρασμόν, qui se lit littéralement « ne nous introduis pas dans la tentation » ou « ne nous soumets pas à l'épreuve ». La formulation « ne nous soumets pas » est ainsi plus proche du grec et de l'usage liturgique byzantin. Elle exprime une demande d'être préservé du moment où l'épreuve dépasserait nos forces, non une crainte que Dieu lui-même pousse au péché.

Le Notre Père est-il la même chose que la prière de Jésus pratiquée dans l'hésychasme ?

Non. La prière du Seigneur (Notre Père) est la prière enseignée par le Christ dans les Évangiles et elle est commune à toute la chrétienté. La prière de Jésus, propre à la spiritualité de l'hésychasme, est une invocation répétée : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. » Les deux prières coexistent dans la vie du chrétien orthodoxe : le Notre Père rythme la liturgie et la règle de prière, tandis que la prière de Jésus nourrit la prière du cœur.

Pourquoi ajoute-t-on parfois « Car à Toi appartiennent le règne, la puissance et la gloire » à la fin du Notre Père ?

Cette doxologie n'appartient pas au texte évangélique tel que le transmettent saint Matthieu et saint Luc, mais elle est une tradition liturgique très ancienne. Dans la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome, après que le peuple a chanté le Notre Père, le prêtre dit à haute voix : « Car à Toi appartiennent le règne, la puissance et la gloire, du Père, du Fils et du Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. » Cette conclusion glorifie la Sainte Trinité et marque la transition vers la fraction du pain et la communion.

Combien de fois doit-on réciter le Notre Père au cours d'une journée orthodoxe ?

L'Église orthodoxe n'impose pas un nombre strict de récitations. Le Notre Père fait néanmoins partie de la règle de prière quotidienne : on le récite au petit matin et au soir, avant et après les repas, et il intervient dans de nombreux offices liturgiques. Certains fidèles l'intègrent aussi dans des cycles de prière personnels, par exemple avant la prière de Jésus ou après la lecture des psaumes. L'essentiel n'est pas le compte mais la présence de cette prière au cœur de la journée.

Le Notre Père peut-il être prié seul ou faut-il obligatoirement un prêtre ?

Le Notre Père est la prière du peuple de Dieu. Tout chrétien baptisé peut la prier, seul ou en famille, à la maison comme au travail. Sa place dans la Divine Liturgie, chantée par l'assemblée entière, montre qu'elle est avant tout un don du Christ à son Église. Le prêtre ne la récite pas à la place du peuple : il la conduit, et la communauté la fait sienne comme héritage reçu des apôtres.